| Deux livres pour jeter un regard amusé sur l’arène politique |
| le Journal du Centre 2 avril 2012 |
« Super-Sarko » ou « Monsieur Normal » ? En évoquant aussi abruptement le probable duel du second tour, pas de risque de confusion : tout le monde identifie parfaitement les éventuels protagonistes du 6 mai. Naguère, on regardait le duel Chichi-Tonton à la télévision, entre les deux tours, et, encore plus tôt, on savourait les formules ciselées du Grand Charles, style « Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? ». Sentiments contradictoires Nul besoin de décliner l'intégralité de l'état civil de nos gouvernants pour les situer parfaitement. Et s'ils sont bien peu respectueux, voire quasi diffamatoires ou à la limite du carton rouge, les surnoms dont ils sont affublés leur donnent, en fait, un brevet d'existence dans notre vie quotidienne et apparaissent, pour reprendre le titre de l'ouvrage de la linguiste et sémiologue Marie Treps (CNRS), comme « la Rançon de la gloire » (1).
Son livre dresse l'inventaire des surnoms et montre comment chaque sobriquet n'est jamais neutre. Il peut être inspiré par une particularité physique, un trait de caractère ou tel ou tel événement marquant d'une carrière, souligne l'auteur, que ce soit « La Porsche tranquille », « Copé-collé », « Bécassine », « président bling-bling », « Chichi », Symptômes Au fil de chapitres affichant drôlement des noms de maladies contemporaines, de « l'hesselporose » à « la DSKive » en passant par « l'auvergnose », il en décrit les symptômes. Pointant l'usage répété du mot « indigné », de l'expression « faute morale » ou du fameux « c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes », le docteur Frédéric Pommier n'a garde d'oublier la terrible « sarkocassite » et le trait qui la caractérise, le recours au « casse-toi, pôv'con » qui peut durablement enfiévrer un corps politique. (1) La Rançon de la gloire, Marie Treps, éditions du Seuil, 155 pages, 13,50 euros. (2) Paroles, paroles, Frédéric Pommier, éditions du Seuil\France Inter, 200 pages, 14 euros. Yves Carroué |